Sans
organisation, c'est la fin
estime un dirigeant du PACE
Par Herald Grandstaff
«Le mouvement syndical a deux choix: s'organiser ou
disparaître.»
La nécessité pour les travailleurs de s'organiser est un des
principaux points abordés par BoydYoung, président du syndical
international Paper, Allied-Industrial, Chemical and Energy
Workers (PACE), dans l'allocution qu'il a prononcée devant les
membres du conseil général du Syndicat international des
communications graphiques (SICG) réunis en assemblée en juin
dernier.
Le PACE est issu de la fusion, en 1999, du Syndicat international
des travailleurs unis du papier (UPIU) et du Syndicat
international des travailleurs du pétrole, de la chimie et de
l'atome (OCAW).
Comme l'a indiqué Boyd Young, le UPIU et le OCAW, à l'instar de
l'essentiel du mouvement syndical américain, n'ont pas réussi à
s'organiser et ont négocié pour avoir de l'influence au lieu
d'uvrer pour devenir puissants. Ils ont perdu des membres à
mesure des départs à la retraite et des licenciements.
Après la fusion, le PACE s'est efforcé de tirer des leçons des
erreurs d'autres syndicats, notamment ceux qui ont cru à tort que
le fait d'affecter des fonds au recrutement ou à une campagne
leur assurerait le succès.
Un des changements introduits par le PACE a été d'en finir avec
le recrutement ponctuel au profit d'une approche stratégique et
ciblée.
BoydYoung a évoqué des cas où les campagnes de recrutement ont
porté fruit mais où la direction a rechigné lorsqu'il s'est agi
de négocier les tout premiers contrats.
Dans ce genre de situation et lorqu'il y a grève ou lock-out par
exemple, le service du PACE chargé des projets spéciaux est parmi
les meilleurs aux États-Unis pour ce qui est de recueillir
l'information et de s'en servir pour faire comprendre aux
dirigeants d'entreprise qu'ils doivent se comporter correctement
avec les employés et leur syndicat. Il a recours pour cela à un
vaste éventail de sources et d'approches.
Ce service a par exemple déclenché un boycott après qu'une
compagnie pétrolière a licencié des membres du PACE. Et il est
parvenu à ses fins grâce à l'appui de nombreux autres syndicats.
Après avoir perdu 70 pour cent de son chiffre d'affaires, la
compagnie a demandé au syndicat d'annuler le boycott et de
l'aider à regagner sa clientèle.
«Si nous décidons de nous lancer dans la bataille, il nous faut
des alliés», de faire remarquer Boyd Young.
Selon lui, le mouvement syndical est en crise et a besoin d'une
stratégie avant-gardiste pour implanter le changement en dépit de
l'adversité.
«À l'instar des entreprises qui ont intérêt à changer leurs
produits, les syndicats se doivent revoir leur façon de faire.»
Les syndicats ayant des intérêts communs devront se fusionner de
façon à être suffisamment influents pour protéger les
intérêts de
leurs membres.
À preuve, le programme d'alliances stratégiques que le PACE a mis
sur pied à l'intention des employeurs qui reconnaissent la valeur
d'une main-d'uvre syndiquée.
Le PACE et Harley-Davidson Motor Co. entretiennent des rapports
syndicaux-patronaux basés sur la coopération. Les dirigeants de
Harley-Davidson n'entament aucun projet de construction
d'envergure et n'embauchent aucun cadre supérieur sans consulter
le syndicat au préalable.
Boyd Young a parlé de la désindustrialisation de l'Amérique et de
la nécessité de maintenir l'industrie manufacturière pour
préserver la sécurité nationale. À défaut d'industrie
sidérurgique, les États-Unis ne pourraient se lancer dans une
guerre conventionnelle.
Étant donné la forte concurrence régnant sur le marché
international, les travailleurs syndiqués sont défavorisés
lorsque le dollar est surévalué de quelque 30 pour cent par
rapport aux autres monnaies.
BoydYoung a également loué auprès des dirigeants du SICG le
contentieux et le service de santé et sécurité du PACE, faisant
valoir l'extrême compétence du premier qui dispose d'avocats et
de personnel de soutien à temps plein. Le contentieux a gagné de
nombreuses causes pour le syndicat et ses membres.
Le service de santé et sécurité du PACE reçoit chaque
année 13 M$ en subventions. BoydYoung a souligné les mérites des 18
membres de l'équipe et la qualité des programmes de santé et
sécurité offerts aux membres. Le service dispose de son propre appareil
IRM qu'il apporte aux membres en région au moyen d'une
semi-remorque à 18 roues.
Les membres du PACE travaillent dans des secteurs dangereux. Les
accidents de travail et les maladies professionnelles sont une
réalité à laquelle le syndicat fait face grâce à ses
programmes de santé et sécurité et à son équipe
d'intervention d'urgence.
Immédiatement après un accident tragique ou grave, le PACE envoie
sur place une équipe composée de personnel juridique, de sécurité
et de consultation familiale. Une enquête est menée pour
connaître la cause de l'incident et l'équipe voit aux intérêts de
ses membres et de leur famille.
Pour ce qui est de la politique et de l'importance d'élire des
législateurs qui sont amis des familles travailleuses, BoydYoung
a déclaré que le PACE dispose d'une base de données qui ventile
la densité des régions syndicales de façon à déterminer
là où les cotisations et l'aide du PACE pourraient favoriser l'élection
d'un candidat appuyé par le syndicat.
George Tedeschi, président du SICG, a invité Boyd Young à
l'assemblée du conseil tenue en juin en sa qualité de dirigeant
d'un syndicat affilié à l'AFLCIO susceptible de se fusionner
avec le SICG. Il a indiqué que la fusion du SICG avec d'autres
syndicats sera à l'ordre du jour de la réunion du conseil en
octobre.
Le président Tedeschi a précisé que le SICG ne recherche pas pour
l'instant une fusion. Mais il est possible qu'il doive envisager
sérieusement la possibilité de se joindre à un autre syndicat à
un moment donné.
Selon BoydYoung, le PACE est un des syndicats qui a une
juridiction commune avec le SICG sur un certain nombre de
contrats dans différents endroits. Si les membres du SICG jugent
que le syndicat devrait opter pour une fusion, il serait logique
que les dirigeants du SICG et de PACE se penchent sur la
question.
Boyd Young a bien insisté sur le fait que le PACE, qui n'a pas de
dettes et qui compte 320000 membres, serait candidat à la
fusion. Le syndicat compte 15 dirigeants nationaux,
149représentants et 105 employés à son siège de Nashville.
«Les syndicats ayant des intérêts communs sont appelés
à se
regrouper et à se fusionner, d'affirmer Boyd Young à propos des
défis globaux qui attendent le milieu syndical. Les travailleurs
du monde entier doivent s'unir pour obtenir les salaires, les
avantages sociaux et les conditions de travail qu'ils méritent.»
Dirgente de PACE: ?Organizarse o morir?
por Herald Grandstaff
?El trabajo organizado tiene sólo dos opciones: organizarse o
morir?.
La necesidad que tienen los trabajadores de organizarse fue tema
principal del discurso del presidente de PACE, Boyd Young, a los
integrantes de la Junta General de GCIU en su reunión de junio.
PACE, el sindicato general internacional de los trabajadores del
papel, industrias aliadas, químicas y de la energía (Paper,
Allied-Industrial, Chemical and Energy Workers International
Union, UPIU) emergió de la fusión en 1999 entre United
Paperworkers International Union (trabajadores del papel) y el
sindicato de trabajadores del petróleo, químicos y atómicos,
OCAW.
Young dijo que, al igual que la mayor parte del movimiento
laboral norteamericano, UPIU y OCAW dejaron de organizarse y
negociaron por influencia en vez de por poder. La afiliación
disminuyó a medida que los miembros se jubilaban o eran
despedidos.
Tras fusionarse, PACE trató de aprender de los errores de otros
sindicatos, dijo Young. Por ejemplo, dijo que otros sindicatos le
comunicaron que pensaban que bastaba dedicar mucho dinero a
organizarse o que una campaña garantizaría el éxito, pero se
encontraron con que eso no era cierto.
Dijo que uno de los cambios que hizo PACE fue convertirse de
organizarse a base de dirigentes, a organizarse de forma dirigida
al objetivo o estratégico.
Mencionó varias circunstancias en que campañas de organización
triunfaron, pero después la gerencia rechazó negociar los
primeros contratos.
Para tratar con esas dificultades y otras, como huelgas o cierres
patronales, dijo Young, el departamento de proyectos especiales
de PACE es uno de los mejores del país para reunir información y
presentarla en forma de estimular a los grandes empresarios a
darse cuenta de que le deben justicia a sus trabajadores y sus
sindicatos. El departamento emplea una amplia gama de fuentes y
direcciones.
Por ejemplo, el departamento de proyectos especiales de PACE
lanzó un boicot cuando una empresa petrolera hizo un cierre
patronal contra miembros de PACE. El departamento juntó el apoyo
de muchos sindicatos laborales, y eso dio el impulso que ayudó a
que el boicot resultara. La empresa perdió el 70 por ciento de su
negocio y pidió al sindicato que terminara el boicot y ayudara a
recuperar clientela. ?Si nos obligan a pelear, tenemos que tener
aliados?, comentó Young.
Dijo que el movimiento obrero está en crisis y necesita tener una
estrategia progresista para encabezar el cambio frente a la
adversidad.
?Las empresas han tenido que cambiar sus productos, y los
sindicatos tienen que cambiar su forma de manejar sus asuntos?,
dijo Young. Agregó que los sindicatos que tienen intereses en
común van a tener que fusionarse para reunir las fuerzas
suficientes para proteger los intereses de sus miembros.
Dijo que un ejemplo de la forma en que los sindicatos cambian su
forma de manejarse es el programa de alianza estratégica de PACE
para empleadores que reconocen el valor de una fuerza laboral
organizada.
PACE y la Harley-Davidson Motor Co. tienen una relación de
cooperación entre los trabajadores y la gerencia. La empresa no
inicia grandes proyectos de construcción ni contrata a gerentes
superiores sin primero consultar con el sindicato.
Young habló de la des-industrialización de Estados Unidos y de
cómo hay que mantener las manufacturas para preservar la
seguridad nacional. Sin la industria del acero, dijo, Estados
Unidos no podría sostener una guerra convencional.
Con respecto al mercado internacional intensamente competitivo,
Young dijo que los trabajadores sindicalizados no pueden competir
al estar el dólar sobre-evaluado en hasta 30 por ciento frente a
divisas extranjeras.
En el curso de la reunión con dirigentes de GCIU, Young también
alabó los departamentos legales y de salud y seguridad de PACE.
Dijo que el departamento está altamente capacitado, con abogados
y personal de tiempo completo. El departamento ha ganado muchos
casos para el sindicato y sus miembros.
El departamento de salud y seguridad de PACE atrae más de 13
millones de dólares al año en donativos. Young atribuyó a los 18
miembros del personal departamental la calidad de los programas
existentes de salud y seguridad que existen para los miembros
sindicales. El departamento tiene su propio aparato de
diagnóstico MRI, que se lleva hasta los miembros en su propio
remolque de 18 ruedas.
Los miembros de PACE son empleados de industrias peligrosas. Los
accidentes y enfermedades laborales son una realidad que el
sindicato enfrenta con sus programas de salud y seguridad y un
equipo de reacción ante emergencias.
Inmediatamente tras una fatalidad o un accidente grande, PACE
envía un equipo de seguridad, de abogados, y de asesoría familiar
al lugar. Se hace una investigación de las causas básicas del
accidente, y el equipo se ocupa de los intereses de los miembros
y sus familias.
Con respecto a la política y la importancia de elegir
legisladores que son amigos de las familias trabajadoras, dijo
Young que PACE tiene una base de datos que analiza la densidad de
regiones sindicales para poder así decidir dónde existe una buena
oportunidad donde los aportes y la ayuda de PACE pudieran ayudar
a que un candidato que PACE apoya pueda ganar esa elección.
George Tedeschi, presidente de GCIU, invitó a Young a la reunión
de junio de la Junta General en calidad de dirigente de un
sindicato afiliado a AFL-CIO que podría ser posible asociado para
fusionarse con GCIU. Dijo Tedeschi que el tema de que GCIU se
fusionara con otros sindicatos estaría en el acta de la reunión
de octubre de la junta.
Tedeschi recalcó que GCIU ?en este momento no busca una fusión.
Pero al mismo tiempo, tendremos que seriamente considerar
fusionarnos con otro sindicato?.
Young dijo que PACE es uno de los sindicatos que comparte
jurisdicción con GCIU en varios contratos en varias localidades.
Dijo que si los miembros de GCIU decidieran que el sindicato debe
fusionarse, sería correcto que los dirigentes de GCIU y PACE
examinaran esa posibilidad.
Young aclaró que PACE, que no tiene deudas, y con 320 mil
miembros, estaría dispuesto a fusionarse. PACE tiene 15
dirigentes nacionales, 149 representantes, y 105 empleados en su
sede de Nashville.
?Los sindicatos que tienen intereses similares se reunirán y se
fusionarán?, dijo Young respecto a los desafíos generales que
enfrentan al trabajo organizado.?Los trabajadores del mundo tiene
que unirse para obtener los salarios, prestaciones, y condiciones
laborales que merecen?
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