Gilles Lemieux quitte la
présidence
la section locale 509M de
Québec
En prenant sa retraite comme président de la section
locale 509M de Québec, GillesLemieux compte bien se consacrer à sa famille,
aux voyages et au sport.
Pourquoi prendre sa retraite à 60ans? «C'est que j'avais
l'impression d'avoir bouclé la boucle et qu'il faut savoir se
retirer quand c'est le temps. Je considère qu'après avoir
consacré 35 années de ma vie aux travailleurs et travailleuses du
secteur de l'imprimerie et des communications et d'avoir ainsi,
plus souvent qu'à leur tour, privé les membres de ma famille de
ma présence, le temps est venu de leur donner la priorité.
«D'autre part, sans aucun doute, je continuerai à donner un peu
de temps à la section locale, lorsque mes connaissances pourront
lui être utiles. Évidemment, vous le comprendrez bien, je
passerai beaucoup de temps à pratiquer mon sport favori sur les
terrains de golf, sans oublier un voyage en Europe prévu pour
2004, particulièrement en Grèce et en Espagne.»
GillesLemieux est né à Saint-Lambert-de-Lévis, en banlieue de
Québec. Dernier d'une famille de 18 enfants, il s'est installe à
Québec à 16ans et y a étudié la technologie de l'imprimerie de
1958 à 1961.
Une fois son diplôme en poche, il a accepté un poste à
Photolithographie où il s'est spécialisé dans la sélection des
couleurs sur caméra. Il a aussi travaillé au service de
«stripping», à la fabrication des plaques et sur de petites
presses offset, ainsi que sur les couteaux et les plieuses au
service de la reliure.
Quand les travailleurs de l'entreprise se sont syndiqués en
janvier1967, GillesLemieux s'est joint à l'Union internationale
des lithographes et photograveurs (LPIU) et a été élu
délégué
syndical dès la première réunion du syndicat. Il a occupé les
fonctions de recruteur et de directeur du conseil exécutif et a
participé aux négociations. En mars suivant, il devenait
délégué
syndical. Élu président à temps partiel de la section locale 209
de la LPIU en septembre1968, il était nommé président à temps
plein en mars1970.
En 1969, GillesLemieux devenait directeur administratif au
Comité paritaire de l'industrie de l'imprimerie pour la région de
Québec. Pendant plusieurs années, il a participé aux négociations
que le SICG a menées auprès du Conseil patronal de l'imprimerie
relativement à l'entente nationale pour l'Est du Canada.
GillesLemieux a servi comme coprésident et directeur de
l'Institut canadien des Arts graphiques pour la région de Québec
et comme fiduciaire du Régime de retraite des Communications
Graphiques du Canada et de la Caisse d'assurance chômage
complémentaire du SICG.
Il a uvré comme représentant syndical régional auprès du
comité
national d'Impression 2000 une étude nationale sur le statut et
l'avenir de l'industrie de l'imprimerie au Canada. De 1975 à
1990, GillesLemieux a été directeur du secteur des
communications de la Fédération des travailleurs et travailleuses
du Québec (FTQ) et a pris part à la réforme du Code du travail
provincial.
GillesLemieux a aussi été appelé à agir comme conseiller
auprès
du comité consultatif régional de l'industrie des communications
et comme consultant pour l'industrie des arts graphiques de la
région. Depuis 1968, il occupait le poste de directeur au conseil
d'administration de la Commission de la formation professionnelle
Chaudière-Appalaches (organisme gouvernemental). À titre de
président de la section locale représentant les travailleurs de
nombreuses imprimeries, il a fait partie de plusieurs comités
d'adaptation de la main-d'uvre afin d'atténuer les répercussions
des fermetures d'usines et des licenciements massifs.
De mars1985 à mars1999, il a occupé différents postes à la
Commission des partenaires du marché du travail, la Commission de
la formation professionnelle et la Société québécoise de
développement de la main-d'uvre pour les questions de recyclage,
de reclassement et de formation des travailleurs.
Ce n'est pas sans raison que GillesLemieux a été actif au sein
de son syndicat. «J'ai toujours cru que les travailleurs
devaient traiter d'égal à égal avec leur employeur. Comme à cette
époque les syndicats étaient très peu reconnus, je me suis
d'abord impliqué dans le mouvement syndical pour apprendre et
être en mesure d'y apporter éventuellement une implication pleine
et entière de façon à faire valoir avec le plus de justesse
possible les besoins des travailleurs et travailleuses.»
Il a décidé de prendre la barre de sa section locale «parce que,
conscient du travail qu'il y avait à exécuter pour représenter
les membres du local et d'élargir ses rangs, quelqu'un devait s'y
consacrer énergiquement. Ayant acquis la confiance et l'appui des
représentants du Syndicat international, cela m'a motivé à
prendre le poste d'abord à temps partiel pour acquérir de
l'expérience et ensuite, à temps plein, pour pouvoir relever les
divers défis auxquels le mouvement syndical devait faire face au
quotidien pour représenter adéquatement les travailleurs et
travailleuses».
Interrogé sur ses grandes réalisations au syndicat,
GillesLemieux a affirmé que le fait d'avoir été impliqué dans
différentes associations comme la Commission des partenaires du
marché du travail, la Commission de la formation professionnelle
et la Société québécoise de développement de la
main-d'uvre a
fait «beaucoup progresser la section locale. De plus, je crois
que l'importance que j'ai accordée à établir avec les
partenaires, qu'ils soient patronaux ou issus du monde syndical,
les meilleures relations possibles a eu un effet bénéfique sur
tous les membres que nous représentons».
Ses plus grands défis ont tout d'abord été de fusionner
localement les autres syndicats, comme ceux de la reliure et des
pressiers, qui forment maintenant la section locale 509M et de
voir à ce que la section locale demeure active en conservant ses
membres. Celle-ci a dû renouveler la presque totalité de ses
effectifs depuis sa création en 1964 en raison de plusieurs
fermeture d'entreprises, de fusions ou de faillites et du
maraudage fait par d'autres syndicats.
Pour GillesLemieux, un autre grand défi «était d'obtenir et de
maintenir les meilleures conditions de travail pour nos membres,
et ce, malgré la conjoncture économique souvent défavorable et
compte tenu que plus de 65% des travailleurs de la région
étaient non syndiqués».
Un de ses principaux objectifs a été de donner plus de poids aux
sections locales du SICG au Québec en les regroupant. Il espère
que ses efforts finiront par aboutir étant donné que les sections
locales sont conscientes des avantages qu'elles peuvent en tirer.
De son rôle au sein du syndicat, GillesLemieux va sans nul doute
regretter surtout le fait d'être continuellement en contact avec
les gens de l'industrie, un stimulant pour remplir pleinement ses
fonctions. «C'est évident qu'en quittant ce poste, je laisse
derrière moi une grande partie de moi-même, ayant toujours été
à
l'écoute et au service des travailleurs et travailleuses.»
Cet article a été rédigé avec la collaboration de
SuzanneGravel, du bureau canadien du SiCG.
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