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Hôtes de la section locale 506M de Halifax, les 54 délégués de 18 sections locales à l'échelle du Canada ont convenu de restructurer le Congrès, lui-même issu de la fusion, il y a deux ans, du Congrès canadien et du Congrès canadien des fédérations spécialisées. Ils ont rendu hommage à James J. Cowan et à Ronald Tozzi, vice-présidents canadiens à la retraite décédés tous deux cette année. Duncan K. Brown, vice-président du SICG, et Doug Thomas, vice-président de la section locale 41M de Montréal, qui coprésidaient le Congrès, ont souhaité la bienvenue aux représentants des Travailleurs en Communication d'Amérique (TCA), de la Fraternité internationale des teamsters (IBT) et du Syndicat international des travailleurs du papier, des industries connexes, de la chimie et de l'énergie (PACE). William Boarman, vice-président du secteur des Travailleurs de l'imprimerie, de l'édition et des médias des TCA, Robert Bouvier, président des Teamsters Canada, Ron Douglas, son adjoint exécutif, ainsi que Lynn Agee, conseillère générale et adjointe exécutive au président international du PACE, ont présenté aux délégués les avantages d'une fusion potentielle. Les délégués ont pu poser des questions aux représentants des TCA, de l'IBT et du PACE. George Tedeschi, président du SICG, a salué ce qu'il a qualifié de discussions «saines» sur la fusion. «Qu'on soit pour ou contre la fusion, en faveur d'un syndicat plutôt qu'un autre, il faut d'abord examiner la question et en discuter pour pouvoir en arriver à une conclusion.» Rendant compte de la situation financière du SICG, le secrétaire-trésorier Gerald H. Deneau a fait remarquer qu'étant donné les finances saines du Syndicat, il n'y a pas lieu de faire un mariage précipité. «Nous devons agir de façon réfléchie et comparer les faits.» Il a souligné que le Conseil général a demandé à un vérificateur indépendant d'examiner les finances des éventuels partenaires de fusion et a chargé un procureur de comparer les statuts de chaque syndicat. «C'est un processus lent mais nécessaire.» G. Tedeschi et G. Deneau ont tous deux indiqué qu'ils appuieront uniquement un partenaire de fusion qui convienne aux Canadiens pour éviter l'éclatement du Syndicat. «Nous devons trouver une solution qui satisfasse l'ensemble du Syndicat». de préciser G. Deneau. Les délégués ont adopté une motion en vue de tenir un congrès des sections locales une fois que le Conseil général annoncera une décision sur une fusion éventuelle. Stratégies syndicales mondiales Adriana Rosenzvaig, chef de département de Union Network International (UNI) Graphical, et D. Brown ont traité de questions syndicales mondiales. L'UNI est issu de la fusion, voilà trois ans, de fédérations syndicales représentant les travailleurs des secteurs des communications, du graphisme, des bureaux, des services, des postes, des médias et du divertissement. A. Rosenzvaig a fait part des initiatives de UNI Graphical pour renforcer la négociation, le recrutement, l'égalité des chances, le commerce et d'autres programmes qui comptent dans le «quotidien» des syndicats affiliés à l'UNI de par le monde. Insistant sur l'importance d'une action syndicale mondiale, elle a déclaré: «Il est impossible de défier les sociétés internationales à un niveau national voire régional. Nous devons réagir mondialement aux multinationales dont l'objectif global est presque toujours de détruire l'influence des syndicats. «En créant des syndicats dans les pays pauvres d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et d'Europe centrale et de l'Est, nous défendons les intérêts des travailleurs de ces pays comme ceux des nations riches... La mondialisation permet aux entreprises de déplacer les centres de production. Si nous parvenons à instaurer des syndicats forts et démocratiques à l'échelle du globe, les compagnies n'auront d'autre choix que de respecter partout les droits syndicaux et humains.» Relatant l'initiative menée par UNI Graphical auprès de Quebecor, le plus important imprimeur du monde, D. Brown a. fait remarquer que Quebecor est une des nombreuses multinationales d'importance présentes en Colombie, un pays aux prises avec une répression antisyndicale. «Sur les 213 syndicalistes assassinés dans le monde l'an dernier, 182 se trouvaient en Colombie.» D. Brown a précisé qu'un groupe de syndicalistes suédois s'est rendu en Colombie pour interroger les travailleurs sur la syndicalisation. Ces derniers ont fait savoir que des hommes de main des entreprises «se présentent chez eux et menacent leurs emplois. La situation est nettement pire en Colombie, mais le schéma est le même. Quebecor fait exactement la même chose aux États-Unis, brandissant continuellement la menace de supprimer des emplois.» Campagnes stratégiques en faveur du recrutement D. Brown et Alan Tate, directeur du Département des conventions et des recherches du SICG, ont indiqué que, selon des analystes du mouvement syndical, les travailleurs aux États-Unis n'ont plus en fait le droit de s'organiser ou de faire grève. Les lois existent sur papier, mais leur application par les conseils du travail et les tribunaux est particulièrement préjudiciable aux travailleurs. Certaines provinces canadiennes se préparent à faire les mêmes difficultés. Et l'expansion des grandes chaînes du secteur de l'imprimerie et de l'édition, qui peuvent déplacer des capitaux et changer d'usines et même de pays, n'est pas pour arranger les choses. C'est pourquoi le SICG s'allie à d'autres syndicats pour préparer des stratégies de rechange afin d'intensifier le recrutement et les négociations collectives. A. Tate a présenté en détail le nouveau programme de campagnes stratégiques mis de l'avant par le SICG et axé sur les relations d'une entreprise en interne, dans l'économie et dans les collectivités pour étendre l'influence des travailleurs. Selon A. Tate, les campagnes stratégiques se sont avérées très efficaces pour les syndicats ces dernières années, «mais elles ne permettent pas à elles seules de tout gagner. Nous avons encore du travail de mobilisation à accomplir auprès de nos propres membres. Nous devons poursuivre le recrutement sur les lieux de travail et négocier farouchement, et nous avons encore besoin d'un leadership efficace. Les travailleurs doivent se battre et être de la lutte. Une campagne stratégique ou d'entreprise peut nous aider à remporter ce combat.» Santé et sécurité À l'occasion de la présentation bilingue sur la santé et la sécurité faite par Dan Huziak, vice-président de la section locale 100M de Toronto, et RobertC urrier, président de la section locale 588M d'Ottawa, D. Huziak a prévenu que les groupes de formulation des normes aux États-Unis et au Canada sont en train de revoir les règles de lock-out sous la pression des employeurs. Selon lui, le SICG au Canada «dispose d'une voix et de votes parmi les groupes de travail et les comités techniques» s'occupant des normes et il s'en sert pour essayer de protéger les travailleurs. D. Huziak a indiqué que le gouvernement conservateur en Ontario a révoqué l'obligation qu'avaient les employeurs, en vertu du Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT), de mettre sur pied et de tenir à jour un inventaire des matières et des agents dangereux. Il a fait remarquer que ces inventaires permettent d'associer les maladies à l'exposition au travail et a précisé que la section locale 100M cherche à obtenir des dispositions contractuelles qui permettraient de préserver ces inventaires. Insistant sur le fait que les travailleurs doivent se prévaloir du droit qui leur est accordé au Canada de refuser d'accomplir des tâches non sécuritaires, D. Huziak a ajouté: «Comme bien souvent, ce n'est qu'en nous prévalant de notre droit de refus que nous pouvons obliger des employeurs irresponsables à agir». Rapports des sections locales Brian Cormier, président de la section locale 525M de la Colombie-Britannique, a déclaré que leur Institut de formation en arts graphiques (GATI) a mis au point trois nouveaux cours de télé-apprentissage en ligne axés sur le pliage, la piqûre et le rognage, en plus du cours sur les presses à bobines. Raymond Wade, président de la section locale 255C d'Edmonton, a indiqué que cette dernière avait obtenu dans le cadre des négociations contractuelles avec Ed-Web Printers que l'entreprise paie aux apprentis des cours de formation sur Internet après en avoir fait une démonstration à la direction. Après une discussion sur les programmes de télé-apprentissage en cours de préparation par le Syndicat international, les délégués ont adopté à l'unamité une résolution qui appuie le programme de formation en ligne de la section locale 525M, rejette l'utilisation des cotisations des membres pour former des travailleurs non syndiqués et exhorte le Conseil général du SICG à adopter et à mettre en place le programme de formation de la section locale 525M. À l'occasion des rapports des autres sections locales, R. Wade a précisé que les négociations avec Ed-Web ont prévu pour la première fois une disposition selon laquelle toutes les heures supplémentaires seront désormais payées au taux double. Il a ajouté que la section locale a tenté une nouvelle approche en matière de recrutement consistant à annoncer les postes de compagnons dans les journaux. Le téléphone n'a pas dérougi, mais les non-syndiqués qui appelaient ne semblaient pas comprendre qu'ils auraient un emploi syndiqué s'ils s'arrangeaient pour que leurs ateliers le deviennent et ne se souciaient pas de prendre les moyens pour obtenir un « bon travail syndiqué». R. Currier a déclaré que sa section locale a atteint un objectif convoité de longue date en obtenant des employeurs qu'ils accordent aux représentants syndicaux 15 à 20minutes pour présenter chaque nouvel employé au syndicat. «Pour syndiquer une section locale, il faut accueillir les nouveaux venus.» L'élimination des travailleurs temporaires chez Canadian Bank Note a été une autre «grande réalisation». Soulignant la tenue prochaine d'élections en Ontario, Norm Beattie, vice-président exécutif de la section locale 500M de Toronto, a insisté sur le fait que le mandat du mouvement syndical consiste à éliminer le programme de la droite dans la province et à redonner les services essentiels à ceux à qui ils reviennent d'office les habitants de la province. Comme il ne fait aucun doute que [le Premier ministre conservateur] Ernie Eves sera défait, certains dirigeants syndicaux conseillent à leurs membres de voter pour les Libéraux car ils ne pensent pas que le candidat néo-démocrate puisse l'emporter. «Je ne suis pas d'accord, car j'estime que nous devrions y aller progressivement pour bâtir un parti de travailleurs et de travailleuses.» Les délégués ont adopté pour le Congrès une nouvelle structure comportant deux coprésidents, l'un étant le vice-président canadien et l'autre étant élu par les délégués pour un mandat de deux ans. Un nouveau poste de secrétaire-trésorier, également assorti d'un mandat de deux ans, a aussi été créé. Doug Thomas, de la section locale 41M de Montréal, et John Webster, président de la section locale 900M de Winnipeg, ont été respectivement élus coprésident et secrétaire-trésorier du Congrès.
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